{"id":499,"date":"2012-09-19T15:37:51","date_gmt":"2012-09-19T13:37:51","guid":{"rendered":"http:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/?page_id=499"},"modified":"2022-12-10T19:25:54","modified_gmt":"2022-12-10T18:25:54","slug":"le-martyr-de-letoile","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/?page_id=499","title":{"rendered":"Le martyr de l&rsquo;Etoile"},"content":{"rendered":"<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-489 alignnone\" title=\"martyr 1\" src=\"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/martyr-1-198x300.jpg\" alt=\"cover Le Martyr de l'Etoile - Evelyne Guzy\" width=\"301\" height=\"449\" \/><\/em><\/p>\n<p><em>Editions Luc Pire, 2012<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai laiss\u00e9 r\u00e9sonner en moi le myst\u00e8re de la Grand-Place. J\u2019ai senti vibrer des figures surgies du pass\u00e9. J\u2019ai tour \u00e0 tour gliss\u00e9 sur mon visage le masque de mes personnages. Envo\u00fbt\u00e9s par l\u2019alchimie du lieu, obs\u00e9d\u00e9s par un id\u00e9al, resteraient-ils ma\u00eetres de leurs pulsions\u00a0?\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Bruxelles, Grand-Place. Sous les colonnes de la maison de l\u2019\u00c9toile, une silhouette noire s\u2019effondre aux pieds de la statue d\u2019\u00c9verard t\u2019Serclaes, h\u00e9ros embl\u00e9matique \u00e0 l\u2019esprit frondeur. Laureen G. n\u2019est pas vraiment l\u00e0 par hasard. Chercheuse infatigable, elle passe sa vie \u00e0 fouiller les sites islamistes radicaux. Elle alerte aussit\u00f4t son amie, Marie B., une journaliste que le 11-Septembre a rendue c\u00e9l\u00e8bre. Laureen pense avoir tout compris, tout pr\u00e9vu. Mais la victime n\u2019est pas celle qu\u2019elle croit\u2026 Commence alors une enqu\u00eate sauvage, dans un Bruxelles dont la symbolique, r\u00e9elle ou fantasm\u00e9e, livrera graduellement les secrets d\u2019un crime bien orchestr\u00e9, une sorte d\u2019assassinat cibl\u00e9. Qui est capable d\u2019un tel raffinement\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Extrait : Le d\u00e9but des ennuis&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>La journaliste s\u2019arr\u00eata net. Sur le sol, une tache de sang. Elle ouvrit la bouche. Pas un son n\u2019en sortit. Je lui jetai un regard furtif. Je ne l\u2019avais pas men\u00e9e ici pour qu\u2019elle se taise. Je faillis le lui dire. Je me tus.<\/p>\n<p>Petit \u00e0 petit, je vis la foule arriver. Nous \u00e9tions dans une ruelle \u00e9troite, \u00e0 l\u2019angle de la Grand-Place. Comment avaient-ils su\u00a0? Vaine et idiote question d\u2019une chercheuse toujours avide d\u2019analyser chaque mot, chaque geste. Tous r\u00e9agissaient de la m\u00eame fa\u00e7on\u00a0: visages insondables, air h\u00e9b\u00e9t\u00e9. Rien \u00e0 en tirer. Sauf peut-\u00eatre de ce qui criait au fond de moi. Un cri silencieux, la terreur. Mais attribuer ce sentiment aux autres n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre qu\u2019une st\u00e9rile projection. Retour \u00e0 la case d\u00e9part, donc\u00a0: il fallait que je voie, que j\u2019\u00e9coute, que je sente, que je touche. Que je me fie aux faits, rien qu\u2019aux faits. Que j\u2019en observe les effets, et basta, au diable toute cette psychologie \u00e0 deux sous\u00a0!<\/p>\n<p>Je reprends donc cette histoire depuis le d\u00e9but. Sur le sol g\u00eet un corps. Il est emball\u00e9 de noir. Le visage aussi est voil\u00e9, tissu noir sur tissu blanc, qui d\u00e9passe l\u00e9g\u00e8rement. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 vu cela quelque part. \u00c0 la t\u00e9l\u00e9, mais pas seulement. Je penche la t\u00eate pour essayer de distinguer la chevelure. Elle est ch\u00e2tain et tr\u00e8s cr\u00e9pue. Elle semble longue. Oui, c\u2019est bien elle. Le proc\u00e8s, je l\u2019ai vue de pr\u00e8s lors du proc\u00e8s. Ils l\u2019avaient forc\u00e9e \u00e0 retirer son voile. Et elle s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9e l\u00e0, comme nue avait-elle dit, nue aux yeux des hommes et aux miens. Elle avait jet\u00e9 un regard de d\u00e9fi \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e, oui, je m\u2019en souviens bien\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Occident pervers ne d\u00e9shabillera pas mon \u00e2me\u00a0\u00bb, avait-elle dit. Et je ne pouvais que lui donner raison\u00a0: qui vraiment peut sonder les tr\u00e9fonds de notre moi\u00a0? Mais voil\u00e0 que je m\u2019\u00e9gare \u00e0 nouveau dans la psychologisation idiote. Je m\u2019\u00e9tais promis, pourtant.<\/p>\n<p>Je suis l\u00e0, et j\u2019essaye de vous raconter cette histoire. Mais c\u2019est difficile. \u00c0 ce moment pr\u00e9cis, le moment crucial, il ne se passe rien, justement. \u00c0 moins que ce soient les \u00e9motions qui me rendent aveugle. Fichues \u00e9motions. On ne m\u00e8ne pas une enqu\u00eate avec des \u00e9motions. Je tourne donc la t\u00eate vers la journaliste. Elle est en train de prendre des photos. La flaque de sang. Le tissu froiss\u00e9, la main lev\u00e9e. Une chaussure esseul\u00e9e, plus loin sur le trottoir. Et un petit gar\u00e7on qui pleure. Son nez coule. Il bave. Ses mains sont sales. Son pantalon us\u00e9. Je suis tellement concentr\u00e9e sur l\u2019observation que je ne peux r\u00e9primer une moue de d\u00e9go\u00fbt. Et je me retrouve \u00e0 agir comme de ma vie je ne l\u2019ai jamais fait\u00a0: je vois un enfant qui pleure et je ne le console pas. J\u2019enqu\u00eate, enfin j\u2019essaye.<\/p>\n<p>La journaliste a d\u00fb rep\u00e9rer comme moi la ressemblance avec Rachida. Elle tente de soulever son voile. Je lui fais signe de la main d\u2019arr\u00eater\u00a0: on ne touche pas \u00e0 une sc\u00e8ne de crime, c\u2019est dit dans tous les films. Elle l\u00e8ve la t\u00eate vers moi et hausse les \u00e9paules. Les films, elle s\u2019en fout. Et me voil\u00e0 \u00e0 nouveau en train d\u2019interpr\u00e9ter\u00a0! Bon, il faut que je me concentre. Sur le sol g\u00eet tr\u00e8s probablement Rachida S. \u2013 excusez-moi de taire son nom mais je tiens \u00e0 ma peau. Face \u00e0 elle, la journaliste Marie B. \u2013 excusez-moi de taire son nom mais je tiens \u00e0 sa peau. Et finalement, si vous me permettez pour une fois d\u2019exprimer mon sentiment\u00a0: nous voil\u00e0 elle et moi dans de beaux draps\u00a0!<\/p>\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-768x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1781\" width=\"309\" height=\"412\" srcset=\"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-225x300.jpeg 225w, https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_0074-scaled.jpeg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 309px) 100vw, 309px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Egalement disponible en version audio aupr\u00e8s de la Ligue Braille.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Editions Luc Pire, 2012 J\u2019ai laiss\u00e9 r\u00e9sonner en moi le myst\u00e8re de la Grand-Place. 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