{"id":814,"date":"2014-03-30T11:42:04","date_gmt":"2014-03-30T09:42:04","guid":{"rendered":"http:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/?page_id=814"},"modified":"2014-03-30T11:46:08","modified_gmt":"2014-03-30T09:46:08","slug":"bernard-dan-le-garcon-du-rwanda-bonom","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/?page_id=814","title":{"rendered":"Bernard Dan, Le gar\u00e7on du Rwanda &#038; Bonom"},"content":{"rendered":"<h1>Le 10\/2\/14\u00a0: Bernard Dan,\u00a0<em>Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em>, L\u2019Aube. Roman<\/h1>\n<p><a href=\"http:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/IMG_21891.jpg\"><img decoding=\"async\" title=\"Citation d'Evelyne Guzy par les \u00e9ditions de l'Aube\" src=\"https:\/\/evelyneguzy.be\/WordPress3\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/IMG_21891.jpg\" alt=\"\" width=\"930\" \/><\/a><strong>Bernard Dan<\/strong>\u00a0est un neurop\u00e9diatre r\u00e9put\u00e9. C\u2019est aussi un romancier, qui nous offre ici son deuxi\u00e8me livre. La l\u00e9gende dit qu\u2019il \u00e9crit dans les a\u00e9roports, entre deux congr\u00e8s, comme le faisait le h\u00e9ros de son premier ouvrage. Cette premi\u00e8re fiction, intitul\u00e9e<em>\u00a0Le Livre de Joseph<\/em>nous parlait d\u2019un homme, seul, \u00e0 la recherche de ses racines dans le ghetto de Varsovie. Il est aujourd\u2019hui \u00e9dit\u00e9 en poche. Son nouveau roman,\u00a0<em>Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em>, nous parle de racines et de transmission aussi, mais dans le partage. Il sort alors qu\u2019on s\u2019appr\u00eate \u00e0 comm\u00e9morer le 20e anniversaire du g\u00e9nocide des Tutsi au Rwanda. Ce massacre occasionna la mort de 800 000 \u00e0 un million de Tutsis et d\u2019opposants Hutus en cent jours.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Cover Bernard Dan Le gar\u00e7on du Rwanda\" src=\"http:\/\/editionsdelaube.fr\/sites\/editionsdelaube.fr\/files\/image-livres\/918-Dan-Le%20gar%C3%A7on%20du%20Rwanda-couv.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"380\" \/><\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce que pourrait nous faire croire le titre,<strong><em>\u00a0Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em><\/strong>\u00a0est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019une femme, Esther, qui souffre d\u2019insomnies depuis l\u2019enfance, un peu comme la Princesse au petit pois. Lorsqu\u2019elle se rend \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour la \u00e9ni\u00e8me fois, elle croise un technicien hypnographiste, charg\u00e9 d\u2019examiner les courbes de ses r\u00eaves. Les yeux de l\u2019homme, la couleur de sa peau, la ram\u00e8nent \u00e0 un souvenir d\u2019enfance. Dans une salle d\u2019attente, en 1994, ann\u00e9e du g\u00e9nocide des Tutsis, son regard avait rencontr\u00e9 celui d\u2019un gar\u00e7on au torse par\u00e9 d\u2019une plaque num\u00e9rot\u00e9e. Personne ne connaissait son nom. Lui, ne s\u2019en souvenait pas. Aujourd\u2019hui, il s\u2019appelle Camille, et il parle peu. Avec Esther, une philosophe \u00e0 la sensibilit\u00e9 aiguis\u00e9e, il va petit \u00e0 petit se d\u00e9voiler. Il faut dire qu\u2019Esther est une personne tr\u00e8s particuli\u00e8re\u00a0: elle vit dans un monde peupl\u00e9 de personnages de contes et l\u00e9gendes ainsi que de philosophes qui se pr\u00e9sentent \u00e0 elle chaque fois qu\u2019il s\u2019agit de faire face \u00e0 une situation. Narquoise, elle rit de tout et en toute circonstance, et nous fait rire aussi, m\u00eame des situations les plus graves. De son c\u00f4t\u00e9, Camille, le gar\u00e7on du Rwanda, se r\u00e9v\u00e8le un formidable conteur. Avec son amie, nuit apr\u00e8s nuit, il se met \u00e0 \u00e9voquer le g\u00e9nocide des Tutsis comme si c\u2019\u00e9tait une fable, celle des\u00a0<em>Mille et une Collines<\/em>. Et, si les histoires racont\u00e9es sont \u00e9pouvantables, leur partage donne acc\u00e8s au bonheur de l\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n<p><em>Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em>\u00a0de Bernard Dan confirme le talent d\u2019un \u00e9crivain qui nous permet d\u2019<strong>acc\u00e9der, avec une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, \u00e0 des probl\u00e8mes fondamentaux.\u00a0<\/strong>Sa r\u00e9ussite est d\u2019abord due \u00e0<strong>\u00a0l\u2019originalit\u00e9 et \u00e0 l\u2019authenticit\u00e9 de ses h\u00e9ros<\/strong>. Bernard Dan parvient \u00e0 habiter compl\u00e8tement son personnage f\u00e9minin. Lors d\u2019une rencontre \u00e0 la librairie\u00a0<em>La Licorne<\/em>, il a racont\u00e9 \u00e0 quel point la grammaire fran\u00e7aise est plus difficile \u00e0 ma\u00eetriser pour les filles que pour les gar\u00e7ons. \u00c9crire au f\u00e9minin lui a demand\u00e9 une concentration particuli\u00e8re, pensez aux participes pass\u00e9s\u00a0!\u00a0<strong>Esther<\/strong>\u00a0est pleine de ressources. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019imagination et \u00e0 la r\u00e9flexion, elle sait mettre une distance entre elle et les \u00e9preuves qu\u2019elle traverse. L\u2019allusion permanente qu\u2019elle fait \u00e0 des contes et l\u00e9gendes que nous avons tous lus est tr\u00e8s touchante et nous permet de nous impliquer dans son histoire. Ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des textes philosophiques sont moins accessibles \u00e0 tous, mais bon, c\u2019est une philosophe apr\u00e8s tout\u00a0!\u00a0<strong>Camille<\/strong>, quant \u00e0 lui, invente des histoires pour exprimer l\u2019horreur v\u00e9cue par les siens. On pourrait dire que, dans ce livre,\u00a0<strong>l\u2019irr\u00e9el nous donne acc\u00e8s \u00e0 l\u2019indicible<\/strong>\u2026 Finalement, ce dont nous parle<em>\u00a0Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em>, c\u2019est du\u00a0<strong>r\u00eave<\/strong>\u00a0et de la n\u00e9cessit\u00e9 vitale qu\u2019il repr\u00e9sente pour chacun d\u2019entre nous. Sous la jolie histoire qu\u2019il pr\u00e9sente se dissimule, comme dans une fable, une r\u00e9flexion plus g\u00e9n\u00e9rale, plus politique, que je laisserai \u00e0 chacun le soin de tirer seul.<\/p>\n<p>Vous l\u2019avez compris, je vous recommande chaudement de lire un des deux livres de Bernard Dan,\u00a0<em>Le livre de Joseph<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Le Gar\u00e7on du Rwanda<\/em>. Ils sont \u00e9dit\u00e9s en France, aux\u00a0<strong>\u00e9ditions de L\u2019Aube<\/strong>, dans le Vaucluse. Cela pourrait para\u00eetre exotique, si je ne vous disais que les \u00e9ditions de L\u2019Aube ont notamment \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es par Marion Hennebert, une Bruxelloise d\u2019origine et qui est non moins que l\u2019\u00e9ditrice de Gao Xingjian, cet \u00e9crivain chinois qui a emport\u00e9 le Nobel de litt\u00e9rature en 2000. Voil\u00e0 donc Bernard Dan entre de bonnes mains. On attend avec impatience son prochain roman.<\/p>\n<p>Pour\u00a0<strong>les prochaines \u00e9missions<\/strong>, je vous propose de nous pr\u00e9parer, en quelque sorte, \u00e0 la\u00a0<strong>Foire du livre de Bruxelles<\/strong>\u00a0qui aura lieu \u00e0 Tour et Taxi du 20 au 24 f\u00e9vrier. J\u2019ai vu qu\u2019une rencontre est pr\u00e9vue entre deux auteurs belges qui font parler d\u2019eux pour le moment. Le th\u00e8me, all\u00e9chant, est celui des \u00ab\u00a0<strong>Histoires de famille<\/strong>\u00a0\u00bb. La semaine prochaine, s\u2019il m\u2019arrive \u00e0 temps, je vous parlerai donc du livre d\u2019Antoine Wauters,\u00a0<em>Nos M\u00e8res<\/em>, qui vient de sortir chez Verdier. Et la semaine suivante de\u00a0<em>Max, en apparence<\/em>\u00a0de Nathalie Skowronek \u00e9dit\u00e9 chez Arl\u00e9a.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Cover Bonom le singe boiteux\" src=\"http:\/\/ds2.ds.static.rtbf.be\/article\/image\/570xAuto\/4\/4\/0\/3bb37f71aff32fc9482f8087498aab0f-1390570108.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"318\" \/><\/p>\n<p>Et pour terminer, je ne peux que vous encourager \u00e0 visiter l\u2019exposition\u00a0<em><strong>Bonom, le singe boiteux<\/strong><\/em>\u00a0qui a lieu jusqu\u2019au 22 mars \u00e0 l\u2019ISELP. A cette occasion, est sortie une monographie, \u00e9dit\u00e9e par\u00a0<strong>CFC \u00e9ditions<\/strong>. Bonom, c\u2019est un personnage fictif dans lequel s\u2019incarne l\u2019artiste urbain Vincent Glowinski. Il nous a offert d\u2019inoubliables fresques, aujourd\u2019hui disparues. Le lion au mont des Arts, le squelette de dinosaure au mus\u00e9e des Sciences naturelles, la chute du renard \u00e0 la cit\u00e9 administrative, l\u2019homme d\u00e9charn\u00e9 masquant son sexe \u00e0 porte de Hal, le poulpe aux Marolles, toutes ces marques dans la ville, c\u2019est Bonom. Dans la tr\u00e8s belle monographie qui est consacr\u00e9e \u00e0 Vincent Glowinski, on peut voir ses dessins pr\u00e9paratoires et des photos de Ian Dykmans qui l\u2019a suivi dans ses p\u00e9riples. On se rend compte aussi des risques qu\u2019il prend. Son travail repr\u00e9sente une v\u00e9ritable performance physique et chor\u00e9graphique, qui inscrit son mouvement dans l\u2019espace.(<strong>Vincent Glowinski et Ian Dykmans,\u00a0<em>Bonom, le singe boiteux<\/em>, CFC \u00e9ditions<\/strong>, Livre d\u2019art.<strong>Exposition \u00e0 l\u2019ISELP<\/strong>, 31 boulevard de Waterloo \u00e0 1000 Bruxelles, jusqu\u2019au 22 mars,<strong>www.iselp.be<\/strong>.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 10\/2\/14\u00a0: Bernard Dan,\u00a0Le Gar\u00e7on du Rwanda, L\u2019Aube. Roman Bernard Dan\u00a0est un neurop\u00e9diatre r\u00e9put\u00e9. C\u2019est aussi un romancier, qui nous offre ici son deuxi\u00e8me livre. 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