Alain van Crugten, En étrange province

Le 28 avril 2014 : Alain van Crugten, En étrange province, L’Age d’homme (coll. La Petite Belgique). Roman

J’ai connu Alain van Crugten alors que j’étais étudiante à L’Université libre de Bruxelles. Dans un vaste auditoire, nous étions nombreux à suivre avec passion son cours de littérature comparée. On peut dire d’Alain van Crugten qu’il est un véritable passeur des lettres. Car c’est aussi un traducteur aguerri, du polonais, du tchèque et du néerlandais. Ainsi, grâce à lui, avons-nous pu accéder à l’œuvre d’Hugo Claus et de Tom Lanoye, deux écrivains flamands majeurs. Comme auteur, on lui doit des pièces de théâtre et plusieurs romans à l’écriture délicate. Je garde un souvenir ému du premier, Des Fleuves impassibles, paru en 1997 à L’Age d’homme, comme celui-ci.

L’Age d’homme est une maison d’édition suisse née en 1966 et fondée par un serbe exilé, Vladimir Dimitrijevic. Décédé en 2011, il a développé une  ligne éditoriale rigoureuse et internationale. L’Age d’homme abrite une vaste collection intitulée « La Petite Belgique » que dirige un personnage central des lettres belges, Jean-Batptiste Barognian, avec  Jacques Booth, est-il sobrement mentionné. J’y vois un clin d’œil : Jacques Booth est nom sous lequel Dimitrijevic est entré en Suisse… avec un faux passeport belge ! Cela lui a, semble-t-il, donné le goût de notre littérature.

En étrange province nous narre la paisible dérive d’un homme né doué, pour les lettres comme pour les sciences, qui accostera de longues années dans la Pampa brésilienne, y vivant quasi en ermite. Loin des remous de sa vie et de ses amours passés, deux événements viennent rompre sa solitude choisie : un héritage conséquent dont les formalités doivent s’accomplir en Europe, et une lettre d’éditeur. Notre héros, Aner Magnus, durant sa retraire lointaine, s’est en effet tout entier consacré à l’écriture d’une fresque historique sur sa région d’origine, quelque part en Europe centrale. Il s’est donné pour mission d’insuffler un élan nouveau à sa langue maternelle, en voie d’extinction : l’éthois. Son retour au pays lui offrira l’occasion d’un retour sur lui-même. Alors qu’il a soixante ans, la vie lui donnera-t-elle sa chance, enfin ?

Je vous ai parlé de Jean-Baptiste Baronian, qui a édité En étrange province. Il figure parmi les auteurs belges importants repris par une collection patrimoniale de la littérature belge, Espace Nord. La collection, qui appartient à la Fédération Wallonie-Bruxelles, rassemble des auteurs belges historiques et des auteurs contemporains « remarquables », en tout plus de 300 titres. Éditée en format de poche, c’est une référence dans les écoles : chaque livre est doté d’un appareil pédagogique en fin de volume. Certains sont proposés en format numérique. (www.espacenord.com.)

Jusqu’au 5 mai, c’est l’opération Je lis dans ma commune. Des activités sont organisées partout dans Bruxelles, en particulier pour les enfants et les jeunes. Je vous invite à consulter le site http://23avril.be.

La semaine prochaine, nous découvrirons ensemble deux livres : celui de Valérie Cohen, Alice et l’homme-perle, paru aux éditions Luce Wilquin et celui de Corinne Hoex, Décollations, paru également à l’Age d’homme.

 

Une réflexion au sujet de « Alain van Crugten, En étrange province »

  1. Ping : Tous les lundis à 12 h 30 sur BXFM 104.3, on dévore des livres ! | EVELYNE GUZY

Les commentaires sont fermés.