Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau & les booklegs Bruxelles se conte

12/5/14 : Serge Noël, Aux premières heures d’un jour nouveau, Maelström ReEvolution. Roman

Serge Noël mène une double vie : il est poète et romancier, d’une part, et d’éducateur de l’autre. Il a fondé une maison de jeunes dans les quartiers populaires de Bruxelles et a créé SOS Migrants, qu’il anime.

Aux premières heures d’un jour nouveau nous plonge dans une société où l’ennui règne en maître. Nous sommes en 2098, à Bruxelles, et la course à la performance individuelle est omniprésente. Chaque individu est formaté, et, s’il déraille, reformaté. Dans les rues, au travail, on ne croise que des hommes : les jeunes femmes vivent recluses on ne sait où, tandis que les vieilles, considérées comme des déchets, sont affectées au ramassage des ordures. Notre héros, François Roman pose sa candidature auprès du ministère des Affaires vénériennes afin d’être autorisé à se reproduire. Dans le même temps, il découvre un manuscrit perdu, celui d’Isabelle de Bohémont, poétesse du Moyen Age qui abandonna un noble destin pour suivre, par amour, un guerrier musulman. Et il se met à espérer : la poésie pourrait-elle changer le cours de l’histoire ? 

Aux premières heures d’un jour nouveau a été publié par une maison d’édition dont il épouse parfaitement la démarche. Née en 1990 à l’initiative de David Giannoni, Maelström ReEvolution se définit comme un groupe d’artistes, poètes et écrivains qui s’est fixé pour objectif de « libérer les mots ». (www.maelstromreevolution.org.)

Maelström ReEvolution publie notamment des livrets de performance, les « booklegs ». Une collection entière est consacrée à Bruxelles, elle se dénomme « Bruxelles se conte ». Plus de 40 numéros ont été publiés, chacun se vend à 3 euros. Je suis, par exemple, l’auteur de l’un d’entre eux : Bruxelles-les-eaux. Trois nouveaux titres sortent aujourd’hui, et leur diversité démontre la variété d’inspiration dont se nourrit la collection.

Avec Une mauvaise histoire vraie, Edgar Kosma nous livre un texte hilarant, construit autour de la baraque à frites de la place Flagey et du quotidien médiocre d’un employé de bureau dont elle est la seule perspective réjouissante de la journée.

 

 

De son côté, dans La Ville de la pluie, Edith Soonckindt nous plonge dans l’infinie mélancolie d’une Bruxelloise d’adoption en perte de repères. Elle marche au bord des trottoirs comme le long d’une faille intérieure béante.

 

 

Premiers cercles, de Julien Moulard est un texte d’une rude poésie. Nous y suivons pas à pas l’errance nocturne d’un homme désœuvré, qui traîne sa solitude dans le Bruxelles de la marginalité que taisent les guides touristiques.

 

 

Vous pourrez découvrir les livres de Maelström, et vivre des moments passionnants de poésie, de danse et de performances, à l’occasion du FiEstival, qui se poursuit jusqu’au 18 mai, à l’Espace Senghor ou à la Boutique maelstrÖm 4 1 4. (www.fiestival.net.)

La semaine prochaine, je vous parlerai de deux livres autour de la Deuxième Guerre mondiale : le roman d’Armel Job, Dans la gueule de la bête, publié chez Robert Laffont et un livre de photos de Bruxelles sous l’occupation nazie, édité par le Pré riant.

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